La sécurité dans les transports
6 mars 2010
- Le bilan de Jean-Paul Huchon :
-         Un budget régional pour la sécurité dans les transports en chute libre de - 54 % (investissements) et une vidéoprotection à l’abandon depuis 2007 (fin du plan de modernisation des systèmes de sécurité Etat-RATP, au titre duquel la région avait notamment financé les centres de vidéoprotection de Denfert-Rochereau et de Val-de-Fontenay) ;
-         Une délinquance qui progresse à nouveau : + 19 % de vols avec violence dans les tramways et les bus sur le 1er semestre 2009, + 38 % dans les Noctiliens.
-         Sur certaines lignes de bus de petite couronne, comme la ligne 148 (Bobigny-Blanc-Mesnil), le climat est tel que les bus sont escortés par des CRS.
2. Et pendant ce temps-là , c’est l’Etat qui agit :
-         Le Grand Paris de la sécurité est en marche : la police parisienne peut intervenir en Seine-Saint-Denis et vice versa. Les frontières des départements ne seront plus des lignes de démarcation étanches.
-         En 2003, l’Etat a créé la police régionale des transports, pour coordonner l’ensemble des interventions sur les réseaux (brigade des réseaux ferrés, police des gares, unités de police judiciaire particulières) et agir de concert avec le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR) de la RATP et la Surveillance générale (Suge) de la SNCF.
3. Les propositions pour garantir la sécurité dans les transports :
-         Relancer la vidéoprotection sur les quais, dans les gares, les bus et les 1ères rames de chaque train, reliée directement à la police des transports.
Attention : c’est déjà le cas pour les caméras situées dans les gares et les stations de métro (visionnée en direct dans les salles d’information et de commandement de la police parisienne et dans les centres vidéosurveillance RATP). En revanche, les caméras des bus se contentent d’enregistrer et permettent au conducteur de surveiller ce qui se passe à l’arrière.
-         Rénover les gares pour en faire des lieux sûrs et confortables : l’un des objectifs majeurs du plan de rénovation de 100 gares est la sécurité des voyageurs.
De nombreuses gares de banlieue sont vides le soir. Pour en sortir, les Franciliens doivent emprunter des tunnels et des passerelles qui se transforment parfois en de véritables coupe-gorges. Rénover les gares, c’est aussi supprimer tous ces points-noirs en matière de sécurité, en réaménageant les souterrains et en implantant des commerces ouverts tôt le matin et tard le soir pour garantir de la présence humaine à toute heure.
-         Permettre l’arrêt des bus à la demande le soir le long de leur trajet, pour éviter aux Franciliens d’avoir à marcher seul dans la nuit alors que le bus passe devant chez eux.
-         Créer un système « Alerte agression par SMS », pour permettre aux voyageurs, témoins impuissants de violences, d’alerter discrètement la police.
Le constat est simple: lorsqu’ils sont témoins d’une agression dans un métro, dans un bus ou dans un RER, les voyageurs n’ont aucun moyen de prévenir rapidement et discrètement la police. C’est d’autant plus regrettable que des patrouilles de police, en civil ou en uniforme, circulent en permanence dans le réseau de transports et peuvent intervenir très rapidement.
Les voyageurs n’ont donc pas d’autre choix que d’intervenir directement, mais à leurs risques et périls, ou de laisser faire impuissants. Dans certaines situations – par exemple lorsque l’agression est commise par tout un groupe, il est même impossible pour eux d’intervenir.
Avec l’alerte agression, les autres voyageurs pourront prévenir directement la police: il leur suffira d’envoyer par SMS à un numéro court le lieu de l’agression (par exemple: quai Alésia ligne 4,). L’alerte sera immédiatement répercutée par la police des transports vers la patrouille la plus proche, de la même manière qu’aujourd’hui, la vidéoprotection, lorsqu’elle existe, permet aux agents des salles d’information et de commandement de prévenir la patrouille la plus proche dès qu’une violence est repérée sur les écrans.
Il s’agit donc bien d’un système d’alerte supplémentaire. Les plaisantins ne pourront pas signaler une agression impunément, puisque les SMS sont toujours identifiables.
Ce système sera particulièrement utile dans les bus, où la vidéoprotection n’est pas utilisée en direct et où, du même coup, les agressions se multiplient.
Dans les 6 premiers mois de l’année 2009 (derniers chiffres disponibles), un peu de moins de 1 000 agressions ont eu lieu dans le métro, le RER ou les trains (en légère baisse de 2,5 %) et plus de 300 dans les bus (en hausse de 11%).

