Transports: la mémoire sélective de Jean-Paul Huchon

22 février 2010

Depuis le début de la campagne, Jean-Paul Huchon, Président de région depuis 12 ans, fuit tout débat sur son bilan et multiplie les approximations en tout genre.

Face à ce flou mensonger, il est temps de rappeler la vérité : en 12 ans, M. Huchon a réussi à faire 4 tramways et 4 stations de métro. Le reste n’est que de la poudre aux yeux.

Petit florilège :

Contre-vérité n°1 : « Les transports, c’est l’affaire de la région depuis 2006, quand Jean-Paul Huchon est devenu Président du STIF ».

C’est faux : les transports sont de la responsabilité de la région depuis 1982. La preuve, c’est que Jean-Paul Huchon lui-même se faisait réélire en 2004 avec une promesse : « des transports zéro défaut ».

Cette contre-vérité est un aveu d’échec : Jean-Paul Huchon le sait mieux que personne, son bilan « transports » est catastrophique. Il en réduit à utiliser la même stratégie éculée : « ce n’est pas moi, c’était aux autres de faire ».

Quant au STIF, rappelons à Jean-Paul Huchon qu’il a pour mission de financer le fonctionnement des transports, non de construire de nouvelles lignes de métro ou de RER… Le candidat sortant le sait mieux que personne, puisqu’il préside le STIF depuis quatre ans déjà…

Contre-vérité n°2 : « J’ai lancé un grand plan de mobilisation de 18 milliards pour les transports, il est financé, tous les départements l’ont signé, mais l’Etat le bloque ».

En une seule phrase, Jean-Paul Huchon parvient à accumuler les contre-vérités :

  • Le plan de mobilisation est un cache-misère. C’est un best-of de tous les échecs du candidat sortant. On y trouve tout :
  • la qualité de service, devenue un sujet pour le candidat sortant depuis que Nicolas Sarkozy est intervenu pour mettre des rames à 2 étages sur le RER A ;
  • les lignes sacrifiées… par Jean-Paul Huchon lui-même : le pseudo-plan de Jean-Paul Huchon reprend tous les projets qu’il n’a pas réussi à faire avancer depuis 12 ans.

Quelques exemples : la tangentielle Nord, le barreau de Gonesse, le prolongement du T4, prévu jusqu’à Clichy-Montfermeil ou le tram-train Massy-Evry, qui a succédé à la Tangentielle Sud, étaient déjà inscrits au CPER 2000-2006. Aucun d’entre eux n’aboutira avant… 2014.

  • Arc-Express, le « grand projet » de Jean-Paul Huchon, à qui il a fallu 10 ans pour découvrir l’intérêt des liaisons banlieue-banlieue. Là encore, que ne l’a-t-il fait avant ?
  • Le plan de mobilisation est un chèque en bois, tiré sur le compte d’autrui. C’est la « méthode Huchon » : je décide, les autres payent et si jamais ça marche, ce sera tout pour moi.

Mais en vérité, sur les 18 milliards annoncés à grand renfort de communication, M. Huchon a un seul engagement ferme, celui de la région qu’il préside. Sur les 19 milliards d’euros, 5 viennent de la région : le reste, ce sont les départements, l’Etat, la RATP, la SNCF, le STIF, bref, tout le monde, sauf la région…

Dans la série, je tire des plans sur la comète, Jean-Paul Huchon a ainsi décidé que 3 Milliards viendraient de l’Etat, 3 Milliards de ressources nouvelles inconnues à ce jour et 5 milliards du STIF, de la RATP et de la SNCF qui n’en demandaient pas tant…

  • Le plan de mobilisation est loin d’être consensuel. Ainsi le département des Yvelines n’a-t-il toujours pas signé le plan de mobilisation. Quant aux autres départements, notamment ceux de gauche, ils ont beau jeu de dire qu’ils sont prêts à dépenser des millions : comme Jean-Paul Huchon lui-même, ils savent que ce plan ne se fera jamais.

  • Le plan de mobilisation, c’est le prétexte qu’a trouvé Jean-Paul Huchon pour bloquer le Grand Paris.

Mal à l’aise avec un projet qui déplait souverainement à ses alliés verts, dépassé par l’ampleur d’un projet qui tranche avec l’immobilisme de l’Île-de-France depuis 12 ans, Jean-Paul Huchon a brusquement décidé de bloquer le Grand Paris en inventant un projet apparemment concurrent.  En 2007, il était pour. En 2008-2009, il est devenu contre. Mais nul doute qu’en 2010, au lendemain des élections, il tournera une nouvelle casaque…

Contre-vérité n°3 : « De toute façon, ça n’est pas ma faute, c’est celle de l’Etat : la SNCF et la RATP bloquent tous mes efforts ».

M. Huchon ferait mieux de lire le rapport que la Cour des comptes vient de consacrer à la RATP : il y verrait que la RATP ploie sous le poids des investissements qu’elle a du prendre en charge faute de financement régional suffisant.

La vérité, c’est que la région n’a jamais accepté de financer massivement l’achat de nouvelles rames et de nouveaux wagons.

La preuve, c’est que M. Huchon se sent aujourd’hui acculé : fin 2009, il a brusquement décidé d’augmenter le budget que le STIF consacre au matériel roulant. Pour 2010, rebelote : les dépenses ont été multipliées par 2 par rapport au budget initial de 2009. Mais bien sûr, tout rapport avec les élections régionales à venir et la campagne de Valérie Pécresse ne serait que pure coïncidence…