Interdiction des Minarets, quelle hypocrisie !
3 décembre 2009

Alors que la France se passionne et débat d’identité nationale après l’initiative lancée par Eric Besson, Ministre de l’Immigration, nos voisins helvètes ont jeté un pavé dans la mare en se prononçant à 57% contre la construction de Minarets dans la Confédération.
Regonflés comme des pendules, nos frontistes et autres identitaires nationaux se sont dit que l’occasion était trop belle pour importer en France un débat qui n’a pourtant rien de sulfureux…
Remettons les choses dans leur contexte. Que la burqa, tant décriée pour son caractère avilissant, dégradant pour les femmes qui la portent, crée la polémique, soit. D’ailleurs nombreux sont les hommes politiques, de droite comme de gauche à réclamer une loi pour que son port soit interdit. Mais ne mélangeons pas tout !
Les musulmans Français ont le droit, au même titre que les chrétiens ou les juifs, d’avoir des lieux de culte pour prier sur notre territoire. Soumises à des contraintes d’urbanisme, les mosquées doivent, comme tous les bâtiments imposants, s’intégrer dans le Plan Local d’Urbanisme mis en place par les municipalités et passent donc par une autorisation, dûment votée et délivrée.
Il y a moins de 10 Minarets en France, TOUS sont silencieux, sans muezzin ni appel à la prière comme dans les pays musulmans.Ces Minarets pointés du doigt n’ont qu’une seule fonction esthétique en Europe et sont remplacés dans 99 % des cas par d’autres éléments architecturaux ! Bien sûr les Français sont attachés à leurs traditions, à leur héritage et leurs racines judéo-chrétiennes, mais nous sommes aussi attaché à ce pilier de notre République qu’est le principe de laïcité qui permet la liberté de culte !
Non, les mosquées ne sont pas financées par nos impôts, mais tout comme nos églises ou synagogues peuvent parfois être subventionnées. Les musulmans sont commetous ces croyants qui demandent simplement à exercer librement leur foi et c’est notre devoir constitutionnel que de les y autoriser.
On reproche parfois aux musulmans de ne pas toujours chercher à s’intégrer, peut-être faudrait-il commencer par les respecter.

