Regionales 2010

Isabelle Balkany à France Soir

3 juillet 2009

Isabelle BalkanyIsabelle BALKANY : « Je me demande s’il n’y a pas une volonté de nuire »

 Interiview donnée à France Soir.

Après le rapport de la Chambre régionale des comptes qui met en cause la gestion municipale à Levallois-Perret et provoque moult retombées médiatiques, France Soir a demandé à Isabelle Balkany, le premier adjoint de la ville et l’épouse de Patrick Balkany de s’expliquer. Des réponses en forme de mise au point qui éclairent d’un jour nouveau la polémique.

 

N’est-ce pas un peu curieux que la gestion de Levallois soit l’objet d’un rapport de 46 pages de la Chambre régionale des Comptes d’Ile-de-France… et de toutes les attentions de nombreux médias ?

Oh, c’est plus que curieux. Et à plus d’un égard. D’emblée, il y a dans cette affaire un problème de forme : s’il existe bien un rapport de 46 pages, il est assorti de demandes de réponses point par point… Or, ces réponses ont été fournies. De manière précise et en 25 pages… auxquelles, de toute évidence, les journalistes n’ont pas eu accès.  Sur le fond, il convient, avant toute chose, de signaler que des observations de la Chambre régionale, provisoires, auraient dû, en raison des réponses fournies et que j’ai moi-même rédigées, être purement et simplement supprimées.

 

Après avoir observé que la ville de Levallois avait émis des billets de trésorerie pour plus de 200 millions d’euros, non intégrés dans le calcul de la dette, la Chambre régionale des Comptes met également en cause un « problème de sincérité du niveau d’endettement ». Mais ce « problème » est-il réel ?

L’idée que des montants aient pu ne pas être intégrés dans les comptes est fausse. J’insiste : toutes les sommes sont inscrites. Sinon le Trésor Public n’aurait pas validé les comptes de la Ville. En réalité, il s’agit uniquement d’un problème d’ordre technique, lié à l’existence d’une ligne comptable baptisée « Billets de trésorerie ». Selon la Chambre régionale des comptes, les fonds ne figureraient pas à la « bonne » ligne. L’ennui, c’est qu’elle met ainsi en cause le comptable public qui, lui, en a estimé autrement et nous a invités à nous conformer à ses vues… Intellectuellement, c’est plutôt « fort de café » et dérangeant. D’un côté, on nous a obligé à faire. De l’autre, on nous le reproche !  Le mot « insincère » n’en paraît, dans ces conditions, que plus déplaisant, d’autant que c’est le seul que retiennent certains médias et qu’il trahit une volonté d’insinuation.

Enfin, il me semble nécessaire de souligner qu’au travers des billets de trésorerie, la ville a pu faire des économies très substantielles. Elle a obtenu des prêts à des conditions intéressantes parce qu’elle était une bonne signature et que sa notation était fiable auprès des financiers. En fait, Levallois a eu recours au crédit, mais elle a la capacité de rembourser et aucun de ses emprunts n’est « toxique ».

 

La Chambre régionale des Comptes s’est également intéressée à la Société d’économie mixte d’aménagement de la ville (SEMARELP) et au fait que Levallois détient 80 % du groupe de sociétés constitué autour de cette structure. Elle y voit un « risque de détournement de la loi » qui imposerait, selon elle, « l’aval du Conseil d’Etat » avant toute prise de participation d’une commune dans une société privée. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

La société d’économie mixte en question, créée avant 1983, par une municipalité communiste, est très banale. Toutes les municipalités ou presque disposent de ce type de structure. Simplement, la Chambre régionale des comptes sous-entend que la Ville de Levallois aurait des activités commerciales dissimulées. Ce qui est faux. La SEMARELP a des filiales qui prennent des participations dans des sociétés civiles immobilières (SCI). Or, comme les juristes le savent, ces SCI ne sont, en aucune façon, assimilables à des sociétés commerciales. La jurisprudence est constante sur ce point. Le Conseil d’Etat n’a aucun droit de regard sur la SEMARELP qui, pour fonctionner, a seulement besoin de l’aval du conseil municipal de Levallois.

 

La focalisation médiatique dont vous semblez être l’objet dans cette affaire s’explique-t-elle par une forme de malveillance ?

Quand je lis dans Le Nouvel Observateur une interview du Président de la Chambre régionale des comptes, j’avoue avoir plus qu’une interrogation. Je veux bien que son discours vienne tempérer le ton et le contenu des autres articles. Mais il est pour le moins curieux que ceux qui me transmettent un rapport sous le sceau de la plus grande confidentialité soient les mêmes qui se prêtent au jeu de la médiatisation. D’une manière générale, je me demande s’il n’y a pas, quelque part, une volonté de nuire. Comment expliquer par exemple que le contrôle de la Chambre régionale des comptes ait porté sur la période comprise entre 1995 et 2005, mais qu’aucun élément d’information n’ait été demandé au sujet des années antérieures à 2001, celles d’une autre municipalité ? La présentation qui a été faite de la gestion de la ville est en tout cas difficile à accepter.

 

Vos détracteurs vous reprochent un « alourdissement significatif » de la dette de Levallois à partir de 2004. Avec un encours en progression de 50 % entre 2000 et 2006. Que leur répondez-vous ?

Cette dette, ce sont des emprunts. Et des emprunts exclusivement à des fins d’investissement, en particulier dans les bâtiments publics. Il s’agit donc du patrimoine des Levalloisiens. Et c’est vrai qu’à Levallois, outre deux nouveaux groupes scolaires et un conservatoire de musique entièrement neuf, nous avons réalisé un complexe sportif, une piscine, une maison des associations… Désolée pour ces messieurs de la Chambre régionale des comptes, mais les opportunités de ces décisions ne sont pas de leur ressort. Ce sont les Levalloisiens et eux seuls qui ont voix au chapitre et ils ont réélu leur équipe municipale au premier tour.

 

Votre mari est-il déçu de ne pas faire partie du nouveau gouvernement ?

Pas du tout. Pour trois raisons. D’abord parce qu’il en avait discuté avec Nicolas Sarkozy avant son élection à la Présidence de la République. Ensuite parce qu’il a 60 ans et qu’il est un peu las des attaques médiatiques. Franchement, je crois que nous en avons l’un et l’autre plus que notre compte… Enfin, revenir à la mairie de Levallois en 2001 fut, en tant que tel, le plus beau des challenges et aux yeux de mon mari, le mandat de maire est le plus passionnant.

 

En dehors de ses activités directement liées à ses fonctions de maire, votre mari intervient, dit-on parfois, comme conseiller du Président de la République. Les voyages qu’il effectue en Afrique ou ailleurs tendent à accréditer ce rôle.  Qu’en est-il exactement ?

Mon mari n’est pas conseiller du Président. Simplement un député membre de la Commission des Affaires étrangères et un ami du chef de l’Etat.